Les Pixies l'avaient démontré au début des années 90 (et ont continué depuis), on peut être un groupe de rock et s'imposer en se foutant complètement de son look. Lorsqu'ils montent sur la scène du Nouveau Casino, on s'aperçoit que les membres de The Soft Pack poursuivent cette non-posture. On se demande même si il n'y a pas quand même un second degré à trouver quelque part tant le groupe ressemble à une bande de losers sortis tout droit d'un film de Judd Apatow. Aucun charisme....
Matt Lamkin
Matty McLoughlin
David Lantzman
Brian Hill
Dès le deuxième morceau, Matty le guitariste rappelle d'ailleurs à Matt le chanteur que la veille en Angleterre un membre du public leur a conseillé de sourire plus : "Remember you should smile more Matt you know" "Yeah right....".
Le truc c'est que The Soft Pack est juste là pour jouer du rock et le reste n'a pas d'importance. C'est ce qu'ils prouvent avec un set court (mois d'une heure) mais tellement accrocheur et efficace à l'image de leurs chansons. Deux accords, trois minutes semblent être la recette magique que ce soient sur leurs "vieux morceaux" comme ils disent, ceux des EP, (Right & Wrong, Extinction) ou ceux de leur premier album.
Impossible de mettre une étiquette précise sur la musique des ex-Muslims (leur ancien nom) tant les influences sont multiples et diverses. On entend The Fall, Modern Lovers, les Ramones, Sonic Youth, les Stooges, Rocket From The Crypt, du surf, du rockabilly, du punk... la liste serait trop longue. On peut néanmoins résumer à un mot : rock.
La fin du concert est un peu abrupte mais voit s'enchaîner les deux chansons les plus évidentes du disque (Answer To Yourself, C'mon). Il n'y a pas de rappel à part dans nos têtes où ces deux derniers titres seront repris en boucle jusqu'au lendemain matin...
On entendra parler de The Soft Pack en 2010... et dans le prochain Eldorado.
Malgré la riche actualité de leurs divers side projects (Black Roc, album solo pour Dan Auerbach, Drummer pour Patrick Carney, collaboration avec Rick Rubin et ZZ Top, etc.), les Black Keys n'ont pas fait parler d'eux en tant que groupe depuis près de deux ans et la sortie de l'album Attack & Release.
Auerbach et Carney corrigeront cela dès le 18 mai en proposant un sixième album de 15 titres intitulé Brothers et qu'ils ont cette fois produit seuls (à l'exception du morceau Tighten Up produit par Danger Mouse). Les deux gars d'Akron se sont même fait plaisir en allant enregistrer une grosse partie du disque aux légendaires studios Muscle Shoals en Alabama qui en d'autres temps ont accueilli Aretha Franklin, Wilson Picket, les Rolling Stones, etc. C'est sans doute cet environnement soul qui les a poussé à y reprendre le morceau Never Gonna Give You Up de Jerry Butler.
Dan Auerbach tente de dévoiler la couleur de l'album dans le communiqué de presse : “On aime les sons bizarres... comme Alice Coltrane, ceux on trouve un groove sombre. C'est cet univers qu'on a cherché à atteindre pour ce disque."
Le mixage a été réalisé par Tchad Blake comme l'explique Patrick Carney : "Nous sommes de très grands fans de Tchad Blake. Son approche du mixage s'apparente à notre approche de la musique. Les mix qu'il a fait pour nous sur le projet Blakroc nous ont tellement impressionné qu'on savait qu'on ne pourrait pas faire autrement que de lui confier Brothers."
Il ajoute : "Dan et moi avons beaucoup mûri en tant que musiciens mais aussi en tant qu'hommes depuis le dernier album des Black Keys. Notre relation initiale a été durement mise à l'épreuve mais au bout du compte, on est des "frères". C'est cela je pense que reflètent ces chansons et ce disque."
Les Black Keys présenteront ces nouvelles chansons lors d'un concert privé la semaine prochaine à Austin dans le cadre du festival South by Southwest. La rumeur veut que le groupe ne se limiteriat plus à un duo et se verrait rejoint pour la future tournée par quelques collaborateurs du projet Blakroc...
The Black Keys - Here I Am live aux studios Abbey Road en juillet 2008
Mark Linkous s'est suicidé et avec lui c'est son alter ego musical Sparklehorse qui disparaît. Quelques mois après Vic Chesnutt, c'est un autre brillant musicien rescapé de la mort qui n'a pas su, pas voulu continuer à vivre.
En effet, au milieu d'une tournée anglaise en 1996 pour le premier album de Sparklehorse, le magnifique Vivadixiesubmarinetransmissionplot, le coeur de Mark Linkous s'est arrêté de battre pendant 2 minutes suite à l'absorption d'un "cocktail" de Valium et d'antidépresseurs. Tombé sur ses jambes et inconscient pendant 14 heures, le manque de circulation sanguine l'a laissé sèvérement handicapé. C'est en étendant ses jambes au moment de le réveiller que les médecins ont provoqué la crise cardiaque. Il a ensuite confié au magazine Rolling Stone : "J'ai eu très peur quand je suis mort techniquement - ce que j'ai bien été pendant quelques minutes - que la partie de mon cerveau qui me donnait la capacité d'écrire des chansons serait endommagée."
Après de nombreuses opérations et une longue convalescence, Mark Linkous est revenu à la musique et Sparklehorse a sorti trois autres albums : Good Morning Spider en 1999, It’s A Wonderful Life (avec Tom Waits et PJ Harvey) en 2001 et Dreamt For Light Years In The Belly Of A Mountain en 2006. Tous proposent ces chansons lumineuses et souvent désespérées portées par une voix fragile et des sonorités de guitares torturées. Après une tournée avec Radiohead, il a enregistré une reprise du Wish You Were Here de Pink Floyd avec Thom Yorke. En 2003, il a également produit l'album Fear Yourself de Daniel Johnston.
En 2009, il a collaboré avec Danger Mouse et David Lynch pour le projet Dark Night Of The Soul qui associait Iggy Pop, Wayen Coyne, Frank Black, Jason Lytle, James Mercer, etc et qui n'a vu le jour que sous la forme d'un livre de photos de Lynch accompagné d'un CD vierge destiné à y graver la musique puisque EMI pour d'obscures raisons s'était opposé à cette sortie. La major venait d'annoncer la semaine dernière qu'un accord avait été trouvé et que le disque sortirait cette année...
L'année dernière, Sparklehorse a également sorti un disque expérimental avec Fennesz avec qui Mark Linkous s'est produit pour la dernière fois à Paris (au Trabendo) le 4 octobre 2009 (photo ci-dessus).
On ne connaissait pas l'âge exact de Mark Linkous. Il avait la quarantaine, vivait en dehors des tournées reclus dans une ferme en Virginie et était en train de finir un nouvel album pour le label Anti-...
Dernier concert à Paris le 4 octobre 2009 au Trabendo avec Christian Fennesz
Hammering The Cramps à Nulle Part Ailleurs en 1996
Documentaire Belly Of A Mountain (part 1)
Documentaire Belly Of A Mountain (part 2)
Saturday live pour la radio The Current en 2007
Interview sur Daniel Johnston pour la radio The Current en 2007
Reportage de la BBC sur l'admiration de Linkous pour William Blake
Sparklehorse - Waiting For Nothing live dans la ferme de Linkous en 1998
Pavement a donc joué le premier concert de sa grande tournée de reformation lundi dernier à Auckland en Nouvelle-Zélande. Leur premier concert depuis plus de dix ans.
D'après la setlist, beaucoup de titres des deux premiers albums Slanted and Enchanted et Crooked Rain, Crooked Rain. Au final, une sélection qui ressemble beaucoup au tracklisting du best of Quarantine The Past qui sortira le 8 mars.
Avant-goût du passage parisien du 7 mais au Zénith avec cette sélection de vidéos trouvés sur Youtube :
Broken Bells donnait hier soir à Paris son deuxième concert après un premier showcase surprise au Bootleg Theatre de Los Angeles il y a 15 jours.
C'est une grosse armada qui a pris d'assaut la scène du Nouveau Casino peu habituée à un tel déploiement de forces matérielles (5 claviers sur scène) et humaines (au moins 4 roadies). On sent bien les grosses ambitions commerciales placées sur Broken Bells qui n'est donc ni un side project, ni un duo de studio mais bel et bien un véritable groupe de scène.
Les deux leaders se sont renforcés de quatre musiciens : Nate Walcott et Nik Freitas de Mystic Valley, le groupe de Conor Oberst, et Jonathan Hischke et Dan Elkan, ex-membres de Hella. Chacun joue au moins de deux instruments (le bassiste du clavier, le clavier de la trompette,etc.) et participe aux harmonies vocales.
James Mercer est à la guitare et au chant et Brian Burton est le plus souvent à la batterie sauf sur quelques morceaux où il se fait remplacer par un roadie ou une boite à rythmes pour aller taquiner une guitare ou s'asseoir devant son Rhodes.
Derrière (ou souvent sur) eux sont projetées des vidéos psychédéliques qui reprennent le plus souvent la boule qui illustre la pochette de l'album. Le concert s'ouvre sur les deux premiers morceaux du disque (The High Road et Vaporize) déjà diffusés sur le net (mais franchement qui dans le public n'avait pas encore entendu l'album entier ?).
James Mercer, peu communicatif, enchaîne les morceaux, il précisera juste (par deux fois) qu'il ne s'agit là que de leur deuxième concert ensemble.
Danger Mouse lui semble vouloir se cacher derrière ses cymbales. Lorsqu'il se lève pour jouer de la guitare sur October, il reste derrière ses fûts et va jusqu'à tourner le dos au public...
Pourtant cette "absence"physique renforce l'incroyable présence musicale que donne le groupe à ces chansons en produisant un mur de son très spectorien. On sent que les répétitions ont dû être assidues et que rien n'a été laissé au hasard ou à l'improvisation pour interpréter cette pop riche et quasi orchestrale. La patte du producteur qu'est Danger Mouse s'entend même sur scène.
Deux reprises pour le rappel : Don't Let It Bring You Down de Neil Young joué en duo (Danger Mouse au Rhodes) où le falsetto de Mercer fait merveille puis Crimson & Clover de Tommy James & The Shondells pour clore cette courte mais impressionnante première sortie européenne.
Prochains rendez-vous pour Broken Bells : la sortie de l'album le 8 mars puis le festival South By Southwest à Austin dans quelques semaines où ils seront un des groupes les plus attendus et où ils devraient annoncer une importante tournée.
Quelques bouts de vidéos du concert d'hier glanées sur Youtube :
Alors que Wilco va passer une bonne partie de l'année sur la route aux Etats-Unis, au Canada, au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande, son leader Jeff Tweedy a annoncé qu'il allait produire le nouvel album de la légende soul Mavis Staples.
D'après Billboard, Mavis Staples serait déjà en train d'enregistrer au Loft, le studio de Wilco à Chicago et Tweedy aurait recruté Nora O'Connor et Kelly Hogan du groupe de Neko Case pour l'accompagner. L'album sortira en fin d'année sur le label Anti-.
Ce n'est pas la première fois que Mavis Staples va collaborer avec "le rock blanc" puisqu'elle avait participé avec les Staples Singers au film The Last Waltz de Martin Scorsese en reprenant The Weight avec The Band :