vendredi 17 décembre 2010

Le numéro 8 est disponible!


Au sommaire : Neil Young, Best Coast, Giant Sand, Jenny & Johnny, Dr John, Leiber & Stoller, Band Of Horses, Dawes, Deer Tick, Sadies, Endless Boogie, The Morlocks, Ryan Bingham, Pete Molinari, The BellRays, CW Stoneking etc....
+ la compilation 14 titres (exclu abonnés et boutique Fargo) et 18 pages de chroniques de disques
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lundi 21 juin 2010

West Country Night à Paris

West Country Girl est une crêperie parisienne, voisine et amie d'Eldorado. Certains soirs, on peut y écouter des concerts acoustiques, dans une ambiance magique, qui vous transporte bien souvent dans les grands espaces américains en trois accords.

Le 24 Juin, la première West Country Night est organisée hors des (beaux) murs de la crêperie, c'est au Nouveau Casino et le casting est impressionnant : les américains Josh T Pearson et Bosque Brown, l'australien Tom Cooney et les français Thousand et H-Burns.

La soirée est l'occasion de sortir un premier vinyle, résultat de ces sessions plus ou moins improvisées. L'idée était simple : enfermer les participants du concert pendant deux jours et deux nuits avec micros, guitares et ingénieur du son, et simplement voir ce qu'il en sortait. Peu de prises, pas de rajouts et pas d'autres musiciens. Avec l'aide du volcan islandais, l'enregistrement s'est prolongé et les musiciens ont accouché de douze titres : des covers les uns des autres (H-Burns reprend Bosque Brown, Thousand reprend Josh, Josh reprend Thousand), des covers autres (Bosque Brown reprend Steve Earle, H-Burns reprend Townes Van Zandt, les 5 reprennent Dylan) et des originaux.

Pour préparer cette soirée de la meilleure des façons, Bosque Brown (aka Mara Lee Miller), Thousand et Josh T. Pearson seront présents pour un showcase acoustique exceptionnel à la boutique Fargo (42 rue de la Folie Méricourt, Paris XIème) demain, mardi 22 juin, à 18h.

West Country Girl Session



Bosque Brown (feat. Josh Pearson) - This Town @ West Country Girl



Bosque Brown (feat. Josh Pearson) - Leaning On The Everlasting Arms @ West Country Girl



Bosque Brown - Ho River


dimanche 20 juin 2010

Les vidéos du dimanche #17

TOM PETTY & THE HEARTBREAKERS

Mojo qui sort ces jours-ci est le premier album de Tom Petty avec ses Heartbreakers depuis 8 ans. Les retrouvailles promettent énormément comme en témoigne cette première vidéo :



PAVEMENT

Pavement reformé interprète Range Life le 4 mai dernier à Dublin :



THE NATIONAL & SUFJAN STEVENS

The National a récemment interprété Afraid Of Everyone sur CBS dans le Late Show de David Letterman avec un choriste très spécial en la personne de Sufjan Stevens qui apparaissait déjà sur ce titre sur le disque High Violet :



DRIVE BY TRUCKERS

Working This Job est le clip qui accompagne la sortie du nouvel album des Drive By Truckers. Il est réalisé par Scott Teems et Ray McKinnon (le révérend dans la série Deadwood) :



LOCAL NATIVES

Wide Eyes joué par Local Natives de passage à Londres dans les studios de la BBC :



BONNIE PRINCE BILLY

Bonnie Prince Billy a repris Simple Man de Graham Nash (rebaptisé Hombre Sencillo) pour Songs For Beginners, un tribute à Nash sorti récemment et sur lequel on retrouve également Robin Pecknold des Fleet Foxes, Brendan Benson, Vetiver ou encore Alela Diane :


HERE WE GO MAGIC

Le clip rétro de Here We Go Magic, le groupe de Luke Temple, pour le titre Collector semble tout droit tiré d'une vieille VHS des années 80. C'est normal, il a été tourné par Nat Livingston Johnson avec une caméra JVC Videomovie de 1984 :



JASON LYTLE & MIDLAKE

Jason Lytle et Midlake viennent d'achever une tournée commune aux Etats-Unis qui les a vus se rejoindre sur scène à la fin du set de Midlake pour une reprise de I Need You de America :


vendredi 18 juin 2010

Du beau monde sur la BO de True Blood

La diffusion de la troisième saison de True Blood vient de débuter aux Etats-Unis sur HBO. Créée par Alan "Six Feet Under" Ball et située au fin fond de la Louisiane, cette série sur les vampires a toujours mis en avant la musique et l'imagerie deep south comme en témoigne son fabuleux générique et la chanson Bad Things interprétée par Jace Everett :



A l'occasion de cette nouvelle saison vient de paraître le 2ème volume de la "BO" de la série, en réalité une collection de chansons utilisées dans celle-ci (par Bob Dylan, 13th Floor Elevators, Screamin’ Jay Hawkins, Eels, Chuck Prophet...) et même spécialement créées pour True Blood. C'est le cas pour Bad Blood de Beck, Kiss Like You Kiss chantée en duo par Lucinda Williams et Elvis Costello, How To Become Clairvoyant de Robbie Robertson (le guitariste du Band) et enfin une reprise du Howlin' For My Baby du bluesman Howlin' Wolf par M Ward.

Beck - Bad Blood



Lucinda Williams et Elvis Costello - Kiss Like You Kiss



Robbie Robertson - How To Become Clairvoyant



M Ward - Howlin' For My Baby



Le tracklisting complet :

1. “Howlin’ For My Baby” – M. Ward
2. “Evil (Is Going On)” – Jace Everett & CC Adcock
3. “Bad Blood” – Beck
4. “How To Become Clairvoyant” – Robbie Robertson
5. “Shake And Fingerpop” – Jr. Walker and The All Stars
6. “Frenzy” – Screamin’ Jay Hawkins
7. “Kiss Like Your Kiss” – Lucinda Williams with Elvis Costello
8. “Gasoline And Matches” – Buddy & Julie Miller
9. “You Did (Bomp Shooby Dooby Bomp)” – Chuck Prophet
10. “You’re Gonna Miss Me” – The 13th Floor Elevators
11. “Fresh Blood” – Eels
12. “The Forgotten People (Bon Temps Remix)” – Thievery Corporation
13. “New World In My View” – King Britt & Sister Gertrude Morgan
14. “Beyond Here Lies Nothin’” – Bob Dylan

En France, True Blood est diffusée sur Orange Cinéma Séries.

mardi 15 juin 2010

Nick Cave réactive Grinderman

Nick Cave a annoncé la sortie d'un deuxième album de Grinderman pour le 13 septembre. sur le label Mute en Europe et Anti- aux Etats-Unis. Grinderman 2 rassemble à nouveau le gang d'anciens Bad Seeds (Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos) que Nick avait réuni en 2007 pour explorer un répertoire et un son plus "crade" et plus proche de ses débuts avec The Birthday Party. Il a été enregistré à Londres dans les studios RAK, State Of The Ark et Assault and Battery et coproduit par Nick Cave avec Nick Launay.

Grinderman tournera en Europe à l'automne et se produira en France à la Cité de la Musique de Paris le 26 octobre.

Le trailer de l'album réalisé par John Hillcoat (The Road, The Proposition)



No Pussy Blues @ Jools Holland sur la BBC - 11 mai 2007



Honey Bee @ Letterman sur CBS - septembre 2007




When My Love Comes Down @ Treacle Sessions - mai 2007

lundi 14 juin 2010

David Sitek présente Maximum Balloon

Le break de TV On The Radio est prolifique. Après les escapades de Tunde Adebimpe chez Massive Attack et le projet Rain Machine de Kyp Malone, c'est au tour de David Sitek de présenter Maximum Balloon.

On retrouvera sur l'album Tiger, enregistré dans le home studio de Sitek à L.A., de nombreux invités vocaux sur ce disque : Tunde Adebimpe et Kyp Malone, Karen O, David Byrne, Holly Miranda, Theophilus London et Yukimi Nagano (Little Dragon). "Il s'agit avant tout d'un disque de dance", a précisé David Sitek sur le site du NME.

"Tout est venu de la chanson Tiger. On s'est rendu compte qu'on l'avait enregistré dans une liberté totale sans se préoccuper de la cohérence avec nos groupes respectifs. Cela m'a inspiré et poussé à agir de la sorte avec tous les morceaux et tous les invités."

Tiger est annoncé pour le 24 août chez DGC/Interscope mais sera disponible dès demain sur iTunes. Le morceau Tiger est en écoute ici. On peut également l'entendre sur cette vidéo qui nous présente la charmante Daisy Lowe (la fille de Gavin Rossdale le cchnateur de Bush) qui figure par ailleurs sur la pochette de l'album.

Daisy Lowe for UK esquire HD from Greg Williams on Vimeo.



vendredi 11 juin 2010

Conan 0'Brien enregistre chez Jack White


Conan O'Brien, le présentateur vedette de NBC viré avec fracas fin 2009, refait parler de lui. Interdit de télé par contrat jusqu'à la rentrée, O'Brien, honnête guitariste, est parti en tournée à la rencontre de son public avec un groupe baptisé le Legally Prohibited Band pour une tournée dont le nom résume tout, le Legally Prohibited From Being Funny On Telelvision Tour.

Pour leur passage à Nashville, ils ont été conviés chez Third Man Records par Jack White, grand pote de Conan O'Brien qui a très souvent reçu les White Stripes dans son émission. Le concert était composé de reprises (On The Road Again, The Weight, Seven Nation Army, Blue Moon, Creep...) et a été capté pour un pressage de vinyl comme le veut la tradition chez Third Man.

Le teaser diffusé via Twitter hier :









jeudi 10 juin 2010

The Black Keys en pleine forme

Et non, les Black Keys n'avaient pas claqué tout le budget de leur maison de disques dans la pochette de Brothers, leur excellent et récent nouvel album. Ils avaient visiblement gardé de l'argent pour produire des clips ambitieux :

The Black Keys - Tighten Up



The Black Keys - Next Girl



The Black Keys - Tighten Up (alternatif)

The Black Keys "Tighten Up"

The Black Keys | MySpace Music Videos


Le duo (qui n'en est apparemment plus un) a récemment rendu visite à David Letterman pour interpréter Tighten Up sur la scène de son Late Show sur CBS :



Enfin le processus de création et d'enregistrement dans les mythiques studios de Muscle Shoals de Brothers a visiblement été documenté comme le montre cette vidéo de Too Afraid to Love You :



Le premier extrait d'un possible documentaire ?

Les Black Keys sont annoncés deux fois en France cet été : le 26 juin à Evreux dans le cadre du festival Le Rock Dans Tous Ses Etats et le 2 juillet aux Eurockéennes de Belfort.

mardi 8 juin 2010

Nouvel album en septembre pour Ryan Bingham

Après avoir récolté un Oscar et un Golden Globe pour sa chanson The Weary Kind dans le film Crazy Heart, Ryan Bingham s'est déjà remis au boulot et poursuit sa collaboration avec T Bone Burnett.

Un nouvel album a déjà été enregistré et est annoncé chez Lost Highway pour le 7 septembre sous le titre de Junky Star. Ryan Bingham y est toujours accompagné par son groupe les Dead Horses.

On peut déjà écouter deux nouveau morceaux (Depression et Hallelujah) sur le site officiel du texan ou ci-dessous :

Ryan Bingham - Depression



Ryan Bingham - Hallelujah



Ryan Bingham - Dylan's Hard Rain @ KVET Radio Austin - 4 juin 2010



Ryan Bingham - Bread & Water


lundi 7 juin 2010

Arcade Fire présente The Suburbs à Montréal

Après les annonces de la semaine dernière, Arcade Fire a joué son premier concert de 2010 vendredi soir dans une grande maison à Montréal, la Notman House, devant un petit parterre de privilégiés (entre 50 et 75 selon les sources).

Comme l'indique la setlist, le groupe en a profité pour dévoiler certaines nouvelles chansons dont Ready To Start, Empty Room, Suburban War et Rococo, ainsi que le single Month Of May.


Voici les premières vidéos :

Arcade Fire at the Notman House from POP Montréal on Vimeo.



More new Arcade Fire at the Notman House from POP Montréal on Vimeo.



Greetings from the Notman House living room from POP Montréal on Vimeo.


Arcade Fire sera de passage en France au Casino de Paris le 5 juillet puis au Festival Rock En Seine le 29 août.

vendredi 4 juin 2010

José González a reformé Junip

Avant d'accéder au succès en solo, le suédois José González officiait depuis la fin des années 90 au sein du groupe Junip avec Elias Araya à la batterie et Tobias Winterkorn (orgue et claviers). Les traces discographiques sont pourtant rares : un 45t en 2000, le EP The Black Refuge en 2005, le single Chickens/Azaleadalan via RCDRDLBL et c'est tout. Les escapades solo de José González n'ont bien entendu pas aidé cette discographie à se développer.

Pourtant González a anoncé en février qu'il allait consacrer plus de temps à Junip en annonçant une tournée et l'enregistrement d'un album intitulé Fields à sortir le 14 septembre.

Après une reformation pour le festival Primavera Sound à Barcelone le week end dernier, Junip se produit demain soir, samedi 5 juin, à Paris à la Flèche d'Or dans le cadre d'une soirée City Slang.

En attendant l'album, Junip offre via son site un EP gratuit en mp3 en échange d'un email. Pour télécharger le Rope & Summit EP, cliquez sur la pochette et inscrivez-vous :

D'autre part José Gonzales vient de composer un titre pour le jeu vidéo événement Red Dead Redemption et fait l'objet d'un documentaire, The Extraordinary Ordinary Life of José González, dévoilé au festival de Gothenburg (sa ville d'origine) en début d'année. Ce film a nécessité trois ans de tournage qui ont couvert des tournées au Japon, à Singapour, en Espagne, aux Etats-Unis et en Angleterre et toute la genèse en studio de son second album In Our Nature. Il revient également sur les origines argentines des parents González, leur exil en Suède et la naissance du petit José.




Junip - Black Refuge

jeudi 3 juin 2010

Aftershow : Jimmie Vaughan @ New Morning

La rue des Petites Ecuries avait des airs d'Austin hier soir pour le passage de Jimmie Vaughan et son Tilt-A-Whirl Band au New Morning. Le club du Xème arrondissement ressemblait fortement à Antone's (l'air conditionné trop froid en moins), plein à craquer pour accueillir le texan et sa "soul & blues revue" : trio rythmique avec contrebassse + deux saxophones + Lou Ann Barton au chant pour la deuxième partie du concert.

A son habitude, JLV débarque simplement armé de sa Strat blanche branchée directement dans son Fender Tweet sans pédales, effets ou autres bullshits selon lui. Le son et le jeu du texan sont reconnaissables entre mille, simple, instinctif, authentique, pas besoin de jouer 5 notes quand une seule suffit : la bonne.

Le répertoire est résolument rétro et surtout composé de reprises qui constituent le menu de son nouvel album, le justement nommé Jimmie Vaughan Plays Bues, Ballads & Favorites (le disque vient de sortir chez Proper Records mais n'a apparemment pas encore de distributeur pour la France). Jimmie Vaughan se met vraiment au service des chansons il chante essentiellement et passe la guitare au second plan. Il est relativement économe dans son jeu la première heure et se livre un peu plus par la suite quand Lou Ann Barton vient l'épauler au chant. A un moment, il joue même de l'harmonica, sympathique mais Kim Wilson peut encore dormir tranquille...
A noter, une vibrante reprise du I Just Wanna A Little Bit de Magic Sam.

A la fin du concert, sur Boom Bapa Boom, le public est en surchauffe, des choeurs dignes de stades de foot s'élèvent et le maestro offre son petit numéro de solo derière la tête sous les vivas. Le groupe quitte ensuite la scène pour laisser Jimmie Vaughan rendre un hommage poignant à son frère en jouant tout seul le Six Strings Down qu'il lui a dédié il y a déjà presque vingt ans.
Un DFW incendiaire achève la soirée. Il y a très longtemps qu'on n'avait pas vu un tel concert de blues au New Morning.


Le groupe sera de retour en France le 20 juillet à Nice dans le cadre du Festival de Jazz.



Six Strings Down



lundi 31 mai 2010

Neil Young dévoile de nouvelles chansons sur scène

Neil Young a entamé la semaine dernière une mini tournée solo inititulée Twisted Road qui l'emmène dans 13 villes américaines. Il en profite pour présenter une poignée de nouvelles chansons plutôt prometteuses.

S'agit-il du répertoire qui va constituer son prochain album produit par Daniel Lanois ? Les pronostics sont ouverts.

En attendant on peut écouter ces morceaux grâce sur différentes vidéos tournées par des fans et glanées sur le web:

Sign Of Love - Wallingford - Oakdale Theater - 23 mai 2010



Leia - Washington - Constitution Hall - 24 mai 2010



Love & War - Washington - Constitution Hall - 24 mai 2010



You Never Call - Washington - Constitution Hall - 24 mai 2010



Peaceful Valley - Washington - Constitution Hall - 24 mai 2010



Walk With Me (coupée) - Albany - Palace Theater - 18 mai 2010


dimanche 30 mai 2010

Fire Coming Out Of A Monkey's Head



So long Dennis...

vendredi 28 mai 2010

Jenny Lewis présente Jenny and Johnny



Jenny Lewis décide d'aller encore plus loin avec son bassiste et fiancé Johnathan Rice pour son prochain album qui sortira sous le nom de Jenny and Johnny.

Le groupe (duo ?) devrait sortir son disque à la fin de l'été ce qui semble correspondre aux premières dates annoncées pour fin août dans le Nord Est américain par leur tout nouveau site. Il s'intitulera I'm Having Fun Now.

Après avoir chanté dans le groupe Rilo Kiley, Jenny Lewis a sorti en 2006 Rabbit Fur Coat, son premier album sous son nom accompagnée par les Watson Twins. En 2008, paraissait un second disque tout aussi recommandé, Acid Tongue, sur lequel Johnathan Rice avait déjà collaboré à l'écriture et à la production. Jenny Lewis lui avait rendu la politesse en contribuant au dernier album en date de Rice : Further North.

Par ailleurs, Jenny Lewis a participé au premier album solo de Brandon Flowers, le chanteur de The Killers, où elle apparaît sur les morceaux Hard Enough et Welcome To Fabulous Las Vegas. Ce disque a été produit par Stuart Price, Daniel Lanois et Brendan O'Brien.

Jenny Lewis, Johnathan Rice et un ami interprètent Carpetbaggers au Puppet Music Hall en 2008 :



La même avec Elvis Costello chez David Letterman le 11 mars 2008 :



Rise Up With The Fists avec les Watson Twins à Londres en 2006 :





jeudi 27 mai 2010

Le grand retour d'Arcade Fire

Les choses s'accélèrent pour Arcade Fire !

Quelques heures après révélé deux nouveaux morceaux d'abord en Angleterre dans l'émission de Zane Lowe sur Radio 1 puis sur le net, le groupe vient de dévoiler toutes les infos sur son nouvel album The Suburbs qui sortira le 2 août via une lettre manuscrite signée “Arkady Fireovitch” et publiée sur leur site :

Penchons nous d'abord sur les deux chansons jouées par Zane Lowe sur la BBC hier et postées dans la foulée sur le net par le groupe. Il s'agit d'un prometteur single "double face A" comme le présentent Win Butler & Co qui comprend The Suburbs et Month Of May en écoute ci dessous :




A. The Suburbs




AA. Month of May

A noter le clin d'oeil qui consiste à réveler des morceaux via un vinyl en streaming sur le web !


Ecrit et enregistré depuis deux ans entre Montreal et New York, l'album a été coproduit parl le groupe et Markus Dravs (Coldplay, James, Björk...). En voici la pochette :

The Suburbs est d'ores et déjà en prévente dans différents formats sur le site officiel du groupe.

Arcade Fire va présenter ses nouvelles chansons sur différents festivals en Europe et aux Etats Unis cet été.

Ils sont annoncé en France le dimanche 29 août à Saint Cloud pour le festival Rock En Seine

mardi 25 mai 2010

Eldorado N°7 est en kiosques

Au sommaire de ce nouveau numéro...

- The Rolling Stones
Dossier de 30 pages sur la genèse d'"Exile On Main Street", le chef-d'oeuvre du groupe. Keith Richards et Anita Pallenberg racontent les sessions de Nellcôte (Villefranche-sur-Mer) à Sylvie Simmons. Dominique Tarlé confie ses souvenirs de jeune photographe à Julien Deborgher et présente, dans un somptueux portfolio, quelques dizaines de ses photos légendaires, réalisées en 1971, dans l'intimité des Rolling Stones. Alban Jamin revient sur "Cocksucker Blues", le film mythique de Robert Frank consacré à la tournée du groupe, en 1972. Et Christophe Geudin livre ses premières impressions sur le dvd "Stones In Exile".
Enfin, "last but not least", les abonnés et les personnes qui achèteront le magazine au Fargo Store (www.fargostore.com), auront le plaisir de recevoir et d'écouter le sampler spécial comprenant pas moins de cinq reprises exclusives d'"Exile On Main Street".

- Iggy & The Stooges
Iggy Pop et James Williamson racontent à Cédric Rassat la genèse de "Raw Power", le chef-d'oeuvre cataclysmique d'Iggy & The Stooges.

- François de Roubaix
Très beau portrait (signé Franck Marguin) du compositeur génial et visionnaire des thèmes de "Dernier domicile connu", de "Chapi Chapo" et des "Aventuriers". L'occasion de (re)découvrir un génie pop français méconnu...

- Elliott Smith
Retour sur "Figure 8", le chef-d'oeuvre terminal d'Elliott Smith (numéro 3 de notre classement des meilleurs albums des années 00), avec une longue interview (10 pages) du chanteur, réalisée, il y a dix ans, par Cédric Rassat. Un document rare et fascinant.

- The Black Keys
Les caïds d'Akron reviennent avec un album soul enregistré à Muscle Shoals. Ils se confient à Alban Jamin.

- Shearwater
Léonard Haddad parle ornithologie, voyage et musique avec Jonathan Meiburg, le leader discret et attachant des auteurs de "Palo Santo".

- The Besnard Lakes
Les Besnard Lakes ont plongé leurs visions psyché-pop dans un délire sonore réconciliant My Bloody Valentine avec les Beach Boys de "Surf's Up". Ils en parlent à Christophe Geudin.

- The Dutchess & The Duke
Entretien avec Jesse Lortz, le songwriter ombrageux du duo folk le plus brillamment déglingué de tout l'Ouest américain (par Cédric Rassat).

Egalement au sommaire de ce numéro : The National, Sharon Jones, John Grant, Black Heart Procession, Broken Bells et la découverte Alina Orlova.

Bonne lecture !

vendredi 7 mai 2010

2010 : Les Black Crowes fêtent leurs 20 ans... et arrêtent ?

Pour fêter les 20 ans de la sortie de leur premier album, les Black Crowes vont sortir le 3 août un double album acoustique intitulé Croweology.

Enregistré l'année dernière aux Sunset Sound Studios de Los Angeles à la fin de leur tournée américaine et produit par Paul Stacey, le disque offre une plongée dans le catalogue du groupe qui a pour l'occasion réarranger ses classiques dans des versions acoustiques.

Ils partiront ensuite dans une longue tournée américaine baptisée le Say Goodnight To The Bad Guys Tour. Ces concerts présentés comme "Acoustic Hors d'Oeuvres followed by an Electric Reception with the Black Crowes" verra les Corbeaux jouer deux sets d'une heure et demie dans chaque ville majeure des Etats-Unis. Les festivités commenceront le 13 août à Milwaukee pour se terminer le 19 décembre au Fillmore de San Francisco pour une résidence californienne dont le groupe a pris l'habitude.

A l'issue de cette tournée, le groupe entrera dans une période indéfinie de "hiatus", reprenant le terme qu'ils avaient utilisé à la fin de l'année 2001. On avait alors cru à la fin du groupe. Chris et Rich Robinson s'étaient alors consacrés à des projets solo jusqu'à la tournée de reformation avec Marc Ford en 2005. Le groupe avait alors retrouvé son sommet artistique et livré ses meilleurs concerts depuis 1997. Rendez-vous en 2013 ?

mercredi 5 mai 2010

Reformation des Jayhawks en juin à Minneapolis

Les Jayhawks vont se reformer pour 3 concerts au First Avenue de Minneapolis les 19, 20 et 21 juin prochains. La formation sera celle du milieu des années 90 quand Gary Louris et Mark Olson étaient accompagnés par Marc Perlman, Tim O'Reagan et Karen Grothberg. Ils se sont déjà retrouvés à quelques reprises l'année dernière en Espagne pour des apparitions aux festivals Azkena et Primavera puis pour un festival en décembre à Minneapolis.

"On a vraiment pris beaucoup de plaisir à rejouer ensemble l'année dernière et on a toujours eu l'intention de remettre ça." précise Gary Louris. "L'environnement économique actuel ne nous a pas permis de concrétiser nos velléités de tourner mais on fera ces concerts à Minneapolis et peut être quelques autres à New York et Chicago."

Le répertoire puisera sans doute très largement dans Hollywood Town Hall et Tomorrow The Green Grass que Sony / Legacy devait ressortir dans des versions augmentées cet été mais qui ne verront finalement pas le jour avant l'automne...

En attendant, Lost Highway va ressortir le 18 mai le méconnu premier album du groupe (que les fans appellent Bunkhouse) paru uniquement en vinyl en 1986 et introuvable depuis bien longtemps.

Par ailleurs, Ryko Records vient d'annoncer la sortie pour le 17 juillet de Many Colored Kite, le nouvel album de Mark Olson.

Succédant à Salvation Blues paru en 2007, ce disque produit par Beau Raymond (Devendra Banhart, Little Joy) proposera selon le label des sonorités "neo-folk" alliant les influences folk anglais des années 60 de Mark Olson avec son caractéristique style "desert country".

Mark Olson est accompagné sur ce projet par Neal Casal et Danny Frankel et on retrouve sa nouvelle femme, Ingunn Ringvold, aux harmonies vocales. Deux invitées figurent également sur l'album : Jolie Holland pour un duo sur Little Bird Of Freedom et Vashti Bunyan qui chante sur Blue Bell et No Time To Live Without Her.


mardi 4 mai 2010

Daniel Lanois produit Neil Young et présente son nouveau groupe

Neil Young a commencé l'enregistrement de son album annuel et s'est pour une fois offert les services d'un producteur en la personne de son compatriote canadien Daniel Lanois responsable entre autres du Oh Mercy de Bob Dylan en 1989 puis de Time Out Of Mind en 1997, du Teatro de Willie Nelson, sans parler de The Joshua Tree et Achtung Baby pour U2.

C'est David Croby qui a lâché l'info à Rolling Stone cette semaine : "Neil m'a dit l'autre jour qu'il passait d'excellents moments avec Daniel Lanois. Je pense que cela produira un disque très spécial. Je crois que Neil se sentait un peu seul depuis la disparition de Larry "L.A." Johnson, son meilleur ami, et avait vraiment besoin de travailler quelqu'un."

Neil Young part en tournée américaine solo à la fin du mois de mai avec Bert Jansch.

Une fois ce disque terminé, Daniel Lanois lui emmenera en tournée européenne son nouveau groupe, Black Dub, composé de Trixie Whitley, la fille de Chris, Brian Blade, le batteur de Wayne Shorter, et Daryl Johnson, le bassiste d'Emmylou Harris. Une étape parisienne est prévue le 2à juillet prochain à La Cigale.

Black Dub w/ Daniel Lanois: The Birth of Bellavista Nights from Daniel Lanois on Vimeo.



"Black Dub" in the studio - "Ring the Alarm" from Daniel Lanois on Vimeo.



I'd Rather Go Blind - Trixie Whitley w/ Brian Blade and Daniel Lanois from Daniel Lanois on Vimeo.



"Black Dub" in the studio - MIXING - "Love Lives" from Daniel Lanois on Vimeo.



"Black Dub" in the studio - "I believe in you" from Daniel Lanois on Vimeo.

lundi 26 avril 2010

Nouvel album pour Sun Kil Moon


Mark Kozelek sortira le 13 juillet prochain un nouvel album sous le nom de Sun Kil Moon via son label Caldo Verde Records. Ce disque intitulé Admiral Fell Promises comportera 10 nouvelles chansons et la version vinyl incluera 2 morceaux bonus enregistrés live à Saint Malo lors de la Route du Rock.

Belle initiative, toutes les commandes effectuées directement sur le site de Caldo Verde se verront accompagnées d'un EP 4 titres en édition limitée, I'll Be There, qui verra Kozelek reprendre Stereolab, Casiotone For The Painfully Alone et les Jackson 5.

Mark Kozelek en solo lors du festival SxSW en 2008



et lors de son dernier passage parisien à la Maroquinerie en septembre 2008

lundi 19 avril 2010

Exile On Main Street : inédit et nouveau clip pour les Rolling Stones


En amont de la réédition événementielle d'Exile On Main Street, les Rolling Stones ont sorti pour le Record Store Day un nouveau 45 tours dont le clip vient d'être mis en ligne.

Il s'agit de Plundered My Soul, un morceau créé et enregistré en 1971 et terminé en 2010. Mick Jagger a notamment réenregistré sa partie vocale. L'événement est de taille, aucun enregistrement même pirate de cette chanson n'était sorti jusqu'à aujourd'hui.

La méthode est surprenante (chute de studio ou nouveau single ?) mais la surprise est plutôt bonne, Plundered My Soul tient la route :



Le 17 mai prochain sortira donc une réédition de cet album phare de Stones accompagnée d'une dizaine d'inédits. Un très joli coffret vinyle collector sera également disponible.

Nous y reviendrons vite sur ce blog et surtout dans le prochain numéro d'Eldorado où un gros dossier sera consacré à Exile On Main Street.
A suivre.

jeudi 15 avril 2010

Nouveau clip pour les Flaming Lips

Nouveau clip pour les Flaming Lips réalisé par Wayne Coyne himself avec l'aide de George Salisbury, le responsable de tous leurs visuels :



Avis aux collectionneurs, une édition vinyle très limitée de leur réinterprétation totale du Dark Side Of The Moon de Pink Floyd sort ce samedi chez quelques disquaires indépendants aux Etats Unis pour le Record Store Day. Il n'y en aura pas pour tout le monde...

lundi 29 mars 2010

Rock & Roll Années 00 : interview Gillian Welch


Interrogée suite aux résultats de notre Top 100, Gillian Welch répond aux questions de Marc Zisman sur la genèse de Time (The Revelator).


Dans votre discographie, ce troisième album était aussi le premier à être produit par David Rawlings. Pourquoi n'aviez-vous pas continué à travailler avec T Bone Burnett ?

En fait, on avait commencé à travailler avec lui, mais l'ambiance s'était rapidement détériorée. On avait même failli se battre, un soir. Ensuite, on est resté longtemps sans pouvoir se parler… En même temps, je pense aussi que, de toute façon, il était écrit que ce disque devait être produit par David. Pour moi, cet album est toujours associé à un incroyable sentiment d'autosuffisance. Et je crois qu'il fallait vraiment qu'on le fasse nous-même.

Qu’aviez-vous à l’esprit pour ce troisième album ? Il semble plus brut et plus épuré que Hell Among The Yearlings, son prédécesseur. Est-ce que vous vous sentiez attirés par le concept de “less is more” ?

Oui, et c’est aussi lié à l'idée d’autosuffisance dont je parlais précédemment. A l’époque, j’avais un peu l'impression que nous vivions dans un monde parallèle. Il y avait Dave, moi et Matt, notre ingénieur du son… Je ne me levais jamais avant le coucher du soleil et je ne me sentais plus vraiment en phase avec le monde réel. De plus, Nashville ne fonctionne pas 24 heures sur 24. C’est une ville qui se couche tôt et où tout ferme à 22h. Et je me souviens que, souvent, nous passions le soir dans ces quartiers résidentiels déserts, cherchant désespérément un peu d'animation. Nous avions vraiment l'impression d'être complètement à l'ouest. Nous avions même envisagé de déménager... Personnellement, je me sentais de plus en plus détachée de ce qui nous arrivait. Et je pense que ce sentiment d'abandon, de relâchement, se retrouve dans cet album.

La plupart des chansons laissent l'impression de compos rock qui auraient été ralenties et jouées en acoustique. Qu'en pensez-vous ?

Notre intention était vraiment d'aller au plus simple… Par exemple, nous pensions beaucoup à la rigueur de la peinture Sumi-e (technique chinoise de dessin à l’encre portée à sa perfection par les moines bouddhistes Zen au 14ème siècle, NdlR). Avec une seule ligne, vous pouvez ainsi faire émerger toute une chaîne de montagnes, et même davantage. Nous cherchions vraiment à atteindre cette amplitude panoramique dans notre musique. Il est d'ailleurs intéressant de noter que plus vous réduisez vos moyens d'expression et plus l'horizon de vos possibilités tend à s'élargir.

Ce qui est intéressant avec Time (The Revelator), c'est que tout en étant très ancré dans une tradition qui remonte à la Carter Family il sonne aussi vraiment comme un album de 2001. Etait-ce important pour vous que le disque reste ainsi relié au présent ?

Oui, je pense qu'une œuvre d'art ne peut pas être vraiment accomplie si elle ne s'inscrit pas, d'une façon ou d'une autre, dans son époque. Qu'elle soit ou non tournée vers le passé importe peu… En tout cas, je pense de plus en plus que tout se joue dans la captation de l'instant présent. C'est là que se trouve l'impression de vérité qui nous permet, par exemple, d'être profondément émus par des œuvres très anciennes. Et si l'émotion est là…

Il est aussi intéressant de voir que même si vous êtes fan de Lefty Frizell, Bill Monroe ou Ralph Stanley, vous n’utilisez pas vraiment leurs armes, qu'il s'agisse de la pedal steel ou du fiddle…

Vous savez, ce sont des armes qui me plaisent beaucoup ! En même temps, je n'ai pas forcément envie de les brandir. Ceci dit, l'explication est plus simple… Il s'agit d'un problème technique. Comme ma voix se trouve facilement recouverte par les instruments, nous essayons toujours de réduite autant que possible les orchestrations de nos enregistrements en studio. Bizarrement, seules les cordes ne couvrent jamais ma voix.

D’où est venue l’idée d’intégrer cette version de “I Want To Sing That Rock and Roll”, enregistrée live au Ryman Auditorium ?

C’était l’une des premières fois où nous avons joué cette chanson. On avait essayé de l’enregistrer en studio à plusieurs reprises, mais on n’avait jamais réussi à la jouer aussi bien que sur scène. On a donc utilisé la version live enregistrée avec un simple micro Neumann U47. Le micro était dément, l’acoustique de la salle également… Alors, pourquoi pas ? Et puis, il y a ce passage amusant où le public applaudit le solo de Dave. L'ambiance est si intime à cet instant et, subitement, vous réalisez que vous n'êtes pas seul. D'un coup, c'est tout un monde qui fait irruption. C'est sympathique…

Le titre de l'album était un hommage à la chanson “John The Revelator” de Blind Willie Johnson ?

Oui, bien sûr ! Je connaissais cette chanson de Blind Willie et c'est même grâce à elle que le mot “revelator” m’est venu à l’esprit.

Avec cet album vous avez lancé votre propre label, Acony Records ? Pourquoi ce besoin ?

Eh bien, disons que c'est un peu toujours la même idée d'autosuffisance. Jerry Moss et Herb Alpert, ceux qui m’avaient signé à l'origine, avaient pris leur retraite. Ces mecs étaient de la vieille école. Ils voyageaient en jet privé, venaient à nos concerts dans leur grand manteau de cachemire, passaient nous prendre en limousine et parlaient de nous comme leur “numéro folk”. J’adorais ces types ! Surtout Jerry que je vois encore de temps en temps. Finalement, lorsqu’ils ont pris leur retraite, le label a été vendu, puis intégré dans une énorme société. Or je ne voulais pas faire partie de ce système démesuré. J'étais persuadée de me faire entuber et qu'à un moment ou à un autre, j'allais me retrouver coincée par un contrat, avec des disques introuvables, etc. Du coup, j'ai décidé de monter mon propre label, comme Sam Phillips l'avait fait, à l'origine, avec Sun Records ! Je voulais surtout rester aussi éloignée que possible des salades habituelles de l'industrie du disque.

Quelle est l’origine de ce trip fou et beau qu’est “I Dream A Highway” ? Ces quatorze minutes sont-elles sorties, comme ça, en plein enregistrement, ou bien est-ce que vous en aviez déjà l'idée en franchissant la porte du studio ?

Oh la, c’est une longue histoire ! Pour moi, cette chanson est un peu à l'image de la fabrication de ce disque. Tout a commencé par une petite mélodie que Dave m'avait jouée, un jour, comme ça. Ensuite, j'ai écrit le texte du refrain, puis je me suis lancée dans une forme d’écriture libre. Un truc en prose. Plus tard, Dave s’est plongé dans toutes ces pages d’écriture et a remis un peu d'ordre dans cette prose. Et c'est comme ça qu'est né “I Dream A Highway”. Une fois le morceau terminé, nous avons commencé à redouter les réactions des gens. Nous étions persuadés que certains allaient détester la chanson… Du coup, nous avons ajouté “Everything Is Free”. Pour nous, ce titre était un peu là pour offrir une fausse fin au disque. Comme ça, ceux qui détestaient “I Dream A Highway” pouvaient s'arrêter là, sans avoir à se taper le final de quatorze minutes. Personnellement, cette chanson ne m'a jamais dérangée ou semblée trop longue…

Comment des mots de Taj Mahal (“they caught the katy and left me a mule to ride”) se sont-ils retrouvés sur “Revelator” ?

Oh, c'était juste un petit passage folk qui traînait dans un coin de ma tête… En fait, ces quelques mots viennent d’un titre de Yank Rachell. Près de Minneapolis, j'ai croisé pas mal de musiciens qui connaissaient Yank ou qui avaient joué avec lui. Si vous vous baladez du côté de Bloomington ou de Brown County, vous entendrez cette chanson tout le temps.

L’album a été enregistré dans le fameux Studio B de RCA à Nashville, un lieu mythique où Elvis, les Everly Brothers et des tonnes d'autres géants sont passés. L’atmosphère avait-elle quelque chose de particulier ?

Oui, extrêmement. Mais il faudrait une interview entière pour en parler…

Huit ans après sa sortie, quel regard portez-vous sur Time (The Revelator) ? Quelle valeur donnez-vous à ces dix chansons ?

Vous savez, sur les dix chansons de l'album, il y en a sept que nous jouons presque à chaque concert ! Personnellement, j’aimerais juste pouvoir ajouter “I Dream A Highway”, à chaque fois. Malheureusement, elle est tellement longue qu'on ne l'a finalement jouée qu'à trois reprises. Et, chaque fois, ça a été un moment mémorable, inconfortable et sauvage. Je suis vraiment fière de ce disque… Lorsqu’il a été fini, nous étions exténués. Nous y avions mis tellement de nous-mêmes que nous étions presque devenus fous. J’ai pleuré d’épuisement à de nombreuses reprises en le faisant… Mais, pour revenir à votre question, je dirais que les deux premiers albums contenaient des chansons d'une valeur sensiblement égale. Ce qui a fait la différence, c'était, à mon avis, que celles de Time (The Revelator) étaient en parfaite connexion avec leur temps. D'ailleurs, c'est même plutôt cocasse, quand on pense à quel point nous étions déconnectés du monde en faisant ce disque. Avec cet album, tout aura été une question d'urgence. Nous n'avions pas d'alternative : soit nous “nagions”, soit nous “coulions” pour de bon ! J'ai vraiment essayé d'exprimer mes troubles, ma tristesse et le sentiment d'être perdue dans ce monde… Et je pense que cette honnêteté, cette façon d'exprimer ses sentiments sans détour et avec une grande précision est vraiment ce que l'on peut offrir de mieux à l'humanité. C'est, en tout cas, ce que les artistes doivent essayer d'offrir au plus grand nombre.

A la même époque, vous et Dave Rawlings avez aussi participé à l'enregistrement de Heartbreaker de Ryan Adams. Quel souvenir en gardez-vous de ce disque ?

Mmm, disons que ça aura été assez débridé. Assez fou, même... Vous savez, Ryan est quelqu'un d'assez capricieux en studio. Même s'il est aussi vrai que ça va avec sa personnalité… Je pense qu'à cette époque Nashville était ce qu'il fallait pour Ryan. Et j'ai été heureuse de faire partie de cette aventure. Je regrette juste que la ville soit si vite devenue trop petite pour lui…

vendredi 26 mars 2010

Hommage à Jim Marshall


Jim Marshall est décédé hier à New York à l'âge de 74 ans. Il restera l'un des plus importants photographes de l'histoire du Rock et a photographié les plus grands. Certains de ses clichés sont parmi les plus célèbres du Rock : le doigt à l'objectif de Johnny Cash à San Quentin, les Stones finalisant Exile On Main Street à Los Angeles en 1972, Hendrix brûlant sa guitare à Monterrey, Jim Morrison tirant sur sa cigarette...

Vétéran de l'US Air Force, c'est une rencontre avec John Coltrane qui déclenche sa vocation.
Les labels font ensuite appel à lui pour suivre leurs artistes en studio. Il a notamment été le seul photographe accrédité "all access" lors du dernier concert des Beatles à San Francisco en 1966 et couvert l'incroyable tournée américaine des Rolling Stones en 1972. Il a réalisé plus de 500 pochettes de disques au cours de sa carrière

Des extraits de l'indispensable livre Trust sont visibles sur le site de Rolling Stone US.

D'autres photos extraordinaires sont à consulter (et à acheter...) sur le site officiel de Jim Marshall.

mercredi 24 mars 2010

Rock & Roll Années 00 : interview John Stirratt (Wilco)


Alors que Wilco était en tournée, John Stirratt, bassiste et membre fondateur du groupe, a pris quelques minutes pour répondre aux questions d'Eldorado sur la genèse difficile et très complexe de Yankee Hotel Foxtrot.

Yankee Hotel Foxtrot est le premier disque enregistré par Wilco dans son propre studio, le Loft. Diriez-vous que c'est ce changement qui a déterminé la longueur de ces sessions, durant lesquelles le groupe n'aura cessé d'expérimenter, d'enregistrer et de constamment réinventer ses nouvelles chansons ?

Oui, c'est clair. Je crois que nous avons vraiment profité au maximum de la liberté que nous offrait ce nouveau studio. C'est même aussi ce qui nous a freiné, à un moment… Vous savez, lorsque vous n'avez plus d'horaires et que vous n'avez pas à payer pour le temps que vous passez en studio, vous avez tendance à être moins efficace. Je me souviens, par exemple, que nous avons enregistré quelque chose comme six ou sept versions différentes de “Kamera”. Et il en a été de même pour beaucoup d'autres chansons… Nous étions en quête de quelque chose de neuf. Nous cherchions une voie à suivre pour le groupe… Et ce qu'il y avait de très positif, c'est que nous étions tous extrêmement impliqués dans le projet et qu'aucun d'entre nous n'a hésité à travailler jour et nuit, pendant près d'un an, pour y parvenir. En fait, c'est à peu près au moment où le tournage du documentaire a commencé, et alors que la deadline approchait, que nous avons réalisé que nous ne pouvions pas aller au bout de l'enregistrement en travaillant de la sorte. Il y avait trop de dissensions à gérer à l'intérieur du groupe… Nous avions besoin que quelqu'un nous amène un regard extérieur et, surtout, nous aide à faire le tri dans tout ce que nous avions déjà enregistré.

Il s'agissait de votre premier enregistrement avec Glenn Kotche à la batterie. Comment s'était déroulée son intégration ? Avait-il rapidement trouvé sa place dans l'alchimie du groupe ?

Je crois que l'arrivée de Glenn a vraiment régénéré le groupe. Il venait de l'extérieur, avec un jeu différent, et ça nous a tous obligé à aborder les chansons, et notre propre son, différemment. Bien sûr, il était naturellement porté vers les aspects les plus expérimentaux de notre musique, mais il pouvait aussi facilement dérouler un groove plus traditionnel comme celui de “Jesus, Etc.”, par exemple. Il passait d'un aspect à l'autre sans difficulté et très spontanément. Et puis, il avait aussi l'avantage de connaître Jim O'Rourke depuis longtemps. Il savait ce qu'il aimait et comment l'aiguiller dans la phase de mixage et de reconstruction du disque. Je me souviens que Jeff lui avait fait découvrir The Flowers Of Romance de P.I.L. et je pense que ce disque a eu une grande influence sur son jeu dans Yankee Hotel Foxtrot. Je dois dire qu'il m'impressionnait un peu, au départ. Il connaissait surtout Jeff et l'atmosphère était tellement tendue, lorsqu'il est arrivé (plutôt vers la fin de l'enregistrement, NdlR), qu'il était difficile de vraiment prendre le temps de discuter…

Yankee Hotel Foxtrot était donc aussi votre première collaboration avec Jim O'Rourke (il produira ensuite A Ghost Is Born, NdlR). Comment l'aviez-vous rencontré ? Et comment en étiez vous arrivés à lui proposer de mixer l'album ?

Je ne me souviens plus très bien du moment où Jeff lui a proposé de mixer le disque. Il me semble que c'était au printemps, vers mars-avril, juste après l'échec de la session au C.R.C. (Chicago Recording Company) dont il est question dans le documentaire. Jeff avait joué avec Jim et Glenn lors d'un concert. Il était déjà fan des disques de Jim. Moi aussi, d'ailleurs… J'avais aussi l'impression que son approche très “cinématographique” pouvait nous apporter beaucoup. La plupart de nos morceaux avaient un côté très “épisodique”. Jusque-là, nous n'avions pas réussi à les faire fonctionner de façon organique, simplement en les jouant. Je pense que Jim ne se doutait pas de la quantité d'enregistrements que nous avions déjà sous la main. Jeff lui a apporté “I Am Trying To Break Your Heart” et c'est là que je l'ai rencontré. Je me souviens qu'ils étaient en train de travailler sur le morceau, au Soma (où a été mixé le disque, ndlr). Glenn était là, lui aussi... Lorsqu'ils m'ont fait écouter le résultat, j'ai eu des frissons. Pour moi, il était évident que c'était dans cette direction que devait aller le disque.

A l'époque, beaucoup de gens avaient imaginé, et même écrit, que c'était Jim O'Rourke qui avait poussé Wilco vers les aspects les plus expérimentaux de Yankee Hotel Foxtrot, alors que lui ne cessait d'expliquer qu'il n'avait fait que mixer le disque et qu'il avait même plutôt encouragé le groupe à simplifier sa musique en freinant son besoin d'expérimentation. Donc, quelle a été son influence sur l'album, au bout du compte ?

Je crois que tout ça vient de “I Am Trying To Break Your Heart”. Comme il s'agit du premier morceau de l'album, c'est aussi celui qui donne le ton pour la plupart des gens. Or Jim a vraiment posé son empreinte sur ce titre. Il se l'est complètement approprié… En fait, il a ramené tous les éléments, morceau par morceau, sur deux pistes. Il les a pris les uns après les autres, comme dans un puzzle. C'est de là, notamment, que vient l'impression de mouvements et de changements, parfois très radicaux, à l'intérieur du morceau. Plusieurs titres ont été, ensuite, mixés d'une façon assez similaire, mais son influence est énorme, surtout sur les morceaux longs comme “Poor Places”, etc… Le traitement particulier qu'il a su appliquer au son et à la tonalité du disque ressort surtout sur les titres plus conventionnels comme “Heavy Metal Drummer” ou “Pot Kettle Back”. Il a aussi complètement arrangé les morceaux les plus compliqués – et sur lesquels il fait même quasiment office de producteur – et il a su dégager la tonalité parfaite du disque dans son mixage de toutes les autres chansons. En termes d'expérimentation, nous avons vraiment essayé beaucoup de choses. On lui a fait passer de nombreuses séquences très bruitistes et lui a fait le tri. Il nous a aidé à simplifier, à épurer le mix. Et je crois qu'on peut considérer que cette part expérimentale de l'album est vraiment le fruit de notre collaboration.

Un titre comme “Ashes Of American Flags”, qui est souvent désigné comme l'un des morceaux emblématiques de l'album, n'était-il pas déjà en germes dans des ballades plus anciennes comme “Via Chicago”, “Misunderstood” ou “Sunken Treasure” ? En tout cas, on y retrouve le même genre d'écriture assez cinématographique et un goût similaire pour, disons, l'évocation d'ambiances désolées…

Oui, tout à fait. Même si le chemin pour arriver à “Ashes Of American Flags” aura été très différent et, surtout, beaucoup moins rapide que celui qui nous a mené à “Misunderstood”, où nous nous étions surtout contentés de jeter une bobine de bruit et de distorsions sur une prise très conventionnelle de la chanson. Mais, oui, cette idée d'un changement radical d'atmosphère, d'instrumentation et d'esprit à l'intérieur d'une même chanson de cinq minutes nous trottait dans la tête depuis un moment. Et nous avions déjà commencé à l'explorer. Nous étions aussi très attirés par la notion de collages sonores. Nous aimions même particulièrement l'idée que ce montage puisse rester apparent et manifeste. “Via Chicago” était une sorte de fondu enchaîné sur “deux groupes” distincts via protool. Un peu comme une version “assistée par ordinateur” de ce que nous avions réalisé avec “Misunderstood”.

Le titre même de “I Am Trying To Break Your Heart” n'est-il pas l'une des plus parfaites définitions du projet musical de Wilco ? Beaucoup de chansons du groupe semblent, en effet, construites sur la même idée d'une très grande fragilité émotionnelle…

Oui, disons que lorsque j'écoute Yankee Hotel Foxtrot, je trouve que le disque revient énormément sur l'idée de distance, avec tout ce que cela implique en termes de fragilité et de frustration de ne pas être entendu. Et il me semble que c'est un thème qui est souvent revenu dans les chansons du groupe.

Un documentaire sur le groupe (I Am Trying To Break Your Heart de Sam Jones, NdlR) était filmé pendant l'enregistrement de l'album. Considérez-vous que la présence des caméras a eu une influence notable sur l'attitude du groupe durant les sessions et, donc, sur le disque ?

Oui, et je me fiche bien de ce qui a pu être dit sur le sujet. Pour moi, il est clair que la présence de trois inconnus – ou presque – et de caméras dans l'environnement d'un pavillon à l'isolement presque sacré n'a pas eu d'autre effet que de considérablement charger l'atmosphère, déjà très pesante, des sessions. Peut-être que les vedettes de la télé-réalité arrivent à s'y faire, mais nous avions vraiment pris l'habitude de travailler dans l'isolement le plus complet. La présence des caméras change les personnalités et une certaine théâtralité peut se révéler dans certaines attitudes. Le tournage a modifié l'alchimie du groupe, même si celle-ci n'était déjà plus très saine, de toute façon. Lorsque j'y repense, je me dis qu'il aurait vraiment été impossible qu'on finisse le disque ensemble, à partir de là… Les caméras avaient ouverts des brèches trop importantes entre nous…

Beaucoup de titres ont disparu au moment de la liste finale. Certains étaient même particulièrement accrocheurs… Pourquoi n'avez-vous pas retenu des chansons aussi efficaces que “Magazine Called Sunset” ou “Venus Stopped The Train”, par exemple ?

Je crois qu'à l'époque nous nous étions dit que “Magazine Called Sunset” était trop différent du reste du disque. Il cassait un peu l'homogénéité de l'ensemble… Ceci dit, avec le recul, je dois reconnaître qu'il n'est pas très éloigné de “Heavy Metal Drummer”, par exemple. Peut-être que l'idée était aussi que nous ne pouvions pas nous permettre d'avoir deux chansons aussi légères que celles-ci sur le disque. En tout cas, l'histoire nous a certainement donné tort, puisque “Magazine Called Sunset” est, avec “Cars Can't Escape”, l'un des morceaux préférés de nos fans. Pour “Venus Stopped The Train”, c'était différent... Même si les textes et une partie de la musique avait été écrits par Jeff, Jay Bennett avait sorti la chanson sur un de ses disques solo (The Palace At 4 A.M., le premier disque sorti par Bennett après son départ de Wilco, NdlR). Dès lors, on ne pouvait plus l'enregistrer.

(Propos recueillis par Cédric Rassat)